“This is the end” à la Villette ***

François Truffaut disait “Ce qu’il y a d’émouvant avec les adolescents c’est que tout ce qu’ils font, ils le font pour la première fois”. Les étudiants en arts du cirque du CNAC ne sont plus vraiment adolescents et ce qu’ils font, ils l’ont déjà fait, pourtant tout au long de leur spectacle, on ressent cette émotion… L’envie de bien faire, l’entraide, l’émerveillement face aux applaudissements… un vent de fraîcheur plus que bienvenu dans une salle de spectacle parisienne.

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“Cabaret” au théâtre Marigny – Premières images des répétitions

D’octobre 2006 à Janvier 2008, “Cabaret” avait créé l’événement en investissant les Folies-Bergères. Pour l’occasion, l’intérieur du théâtre avait été en partie reconstruit pour être transformé en… cabaret. Logique mais impressionnant. A la clé, un incroyable succès : le musical avait attiré près de 350 000 spectateurs durant 450 représentations.

Autant dire que reprendre le show au théâtre Marigny est un événement aussi attendu que redouté. Le spectacle sera t-il à la hauteur ? Emmanuel Moire qui reprend le rôle du maître de cérémonie se montrera t-il convaincant ? Le théâtre Marigny -qui restera en configuration classique- est-il le bon endroit pour produire le spectacle ? Bref, autant de questions auxquelles il était bon de répondre.

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“Sauna, le musical” au Théâtre Clavel ***

La France a toujours été en retard au niveau comédies musicales. Il a fallu attendre vingt ans pour que se crée une version française de “Cabaret”, dix pour que soit repris “Le Roi Lion” et on attend toujours “Billy Elliot” ou “Priscilla, folle du désert” qui se jouent à guichets fermés depuis six ans à Londres… Et pourtant, ce retard a du bon. Il permet de découvrir au compte-goutte des spectacles déjà éprouvés ailleurs…

C’est le cas de “Sauna”, show jouissif créé en 2006 en Floride avant d’aller essorer ses serviettes un peu partout à travers les États-Unis, le Canada et Londres…

Pourtant attention, ici vous n’allez pas voir un spectacle sur un sauna mais vous allez au sauna ! Une odeur d’huiles essentielles, de la fumée, un homme vêtu d’une simple serviette qui attend sur scène… à peine ont-ils passés la caisse du Théâtre Clavel que les spectateurs sont en effet déjà plongés au coeur du sujet… Lire la suite de la critique et voir des extraits »

“Comment l’esprit vient aux femmes” au Café de la Gare ***

***Coup de coeur non musical***

Washington, au beau milieu du Marais parisien. Il faut une sacrée force de conviction pour le croire. Surtout quand le spectacle en question se joue dans le si particulier théâtre du Café de la Gare.

Et pourtant on y croit. Et plutôt deux fois qu’une.

Créée en 1946 à Broadway, “Comment l’esprit vient aux femmes” est avant tout le témoin d’un monde en pleine mutation. La guerre a balayé pas mal de préjugés et notamment concernant la place des femmes dans la société. Finis les tabliers, bonjour les tailleurs. Seulement, les envies des femmes doivent affronter les idées reçues des hommes. Certains domaines ne peuvent pas être gérés par des femmes, la politique et le monde des affaires notamment. On assiste donc dans les années 50 et 60 à l’éclosion de quelques oeuvres accompagnant ce mouvement… D’ailleurs, quelques années plus tard en France, Brigitte Bardot incarnait au cinéma “Une ravissante idiote” où elle piégeait un Anthony Perkins un brin misogyne…

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“Pluie d’enfer” à la Pépinière Opéra ***

***Coup de coeur non musical***

Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer avec un tel titre, ce n’est pas par de la pluie que débute la pièce mais par de la neige. La neige d’un écran de télévision. Et finalement, ce n’est pas si étonnant… Pluie d’enfer a tout d’une série télé. A commencer par son auteur Keith Huff, co-producteur de la très branchée Mad Men mais aussi, et surtout, les deux comédiens : Olivier Marchal et Bruno Wolkovitch.

On le sait le premier a débuté comme flic dans la vraie vie avant de le devenir devant une caméra (Police District sur M6). Le second est directement passé à la PJ de France 2, où il est resté près de dix ans, sans passer par la case école de police.

Mais dans un cas comme dans l’autre, dans un rôle de policier, même américain, les deux hommes en imposent. Il faut dire que Marchal et Wolkovitch n’ont rien de jeunes premiers, ils ont vécu, ils le portent sur eux et disons le simplement, ça en jette.

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“La nuit d’Elliot Fall” au Vingtième Théâtre ***°

A en croire Météo France, aujourd’hui la nuit tombe à 16h57. Et c’est plutôt une bonne nouvelle. Parce qu’au moment d’entrer dans le hall du Vingtième théâtre pour aller voir La nuit d’Elliot Fall, nous sommes déjà dans l’ambiance depuis plusieurs heures. Une ambiance à la Tim Burton où humour et poésie s’invitent dans un cimetière…

Ceux qui ont eu la chance d’assister à la lecture d’Elliot Fall il y a quelques mois au théâtre de la Pépinière Opéra (organisée par Diva, association de promotion des spectacles musicaux) se rendront compte en assistant au spectacle de la quantité de travail effectuée… Il est toujours facile de critiquer un spectacle fini mais beaucoup plus impressionnant de se mettre dans la peau du metteur en scène et de tenter de visualiser ce à quoi pourra ressembler le spectacle lorsqu’on n’a en main que les éléments de base : un texte et des comédiens. D’ailleurs on le sait tous, avec des mêmes ingrédients on peut aussi bien concocter un plat étoilé qu’un sous-Findus©.

Et à ce jeu-là, Jean-Luc Revol se montre digne du Michelin (inutile de préciser que c’est une image, on n’a pas la moindre idée de ce que donnerait le metteur en scène derrière des fourneaux).

Le parcours initiatique d’Elliot Fall et de la gouvernante Préciosa (l’excellent Denis d’Arcangelo) nous offre une succession de tableaux dignes des plus grands cabarets, oniriques et originaux, fameux et fantaisistes, étrange et étincelant. Il était une fois les contes de Grimm version underground. Le petit chaperon rouge dans un Disney© qui se lâcherait un peu…

Une mise en scène audacieuse aidée par la scénographie : un effort tout particulier a été porté sur les décors et les costumes. Evidemment, nous ne sommes ni au Palais des sports ni au Châtelet mais ce n’est pas plus mal car ici la scénographie joue sur l’abstraction et donc sur l’imagination… un peu comme dans un film de Michel Gondry. Lire la suite de la critique et voir des extraits »

“Mamma Mia” au Théâtre Mogador **

Cela ne fait aucun doute, Mamma Mia devrait être sponsorisé par Juvamine. On se demande même pourquoi les producteurs n’y ont pas pensé tant le spectacle déborde d’énergie… C’est d’ailleurs sa principale qualité (avec les chansons d’Abba, mais ça, ça va de soi).

Fort des succès du Roi Lion et de Cabaret, la compagnie néerlandaise Stage Entertainment poursuit son évangélisation musicale de la France en important le plus gros succès de l’histoire de la comédie musicale. Depuis 1999, Mamma Mia a été vu par 42 millions de spectateurs dans 40 pays, un livret traduit en 10 langues sur quatre continents… Des chiffres avancés dans les communiqués de presse et sur le site internet du spectacle qui à eux seuls devraient suffire à convaincre le public français de la qualité du spectacle. Seulement, c’est bien connu, les Français ne sont pas des spectateurs comme les autres, râleurs, exigeants, habitués au pluralisme et attachés à une certaine exception culturelle, tout ça, tout ça…

Alors, Mamma Mia réussit-il son arrivée en France ?
A priori oui, en quelques mois, 125 000 billets ont déjà été pré-vendus ! Un premier mois déjà complet avant-même la première. Du quasi jamais-vu pour une salle de 1600 places ! Mamma Mia semble déjà marcher sur les traces du Roi Lion, 1000 représentations, 3 saisons, 1.300.000 spectateurs.

Principale source d’inquiétude des aficionados d’Abba, la traduction en français des chansons du groupe suédois se révèle être une plutôt bonne surprise. Arrivé dans l’aventure suite à un casting, Nicolas Nebot relève haut la main la pari et a su retranscrire ce mélange de fête et de nostalgie propre aux chansons d’Abba. Des chansons portées par une distribution française à la bonne humeur contagieuse qui n’a rien à envier à ses homologues anglais .

Seul regret, il est impossible de chanter sur les morceaux puisqu’on découvre les paroles au fur et à mesure. Quitte à faire dans le festif, la production aurait dû ajouter un karaoké… parce que ce public qui tente de reconnaître la chanson originale le plus vite possible n’est pas sans rappeler les candidats de feu l’émission Fa, si, la chanter (petit rappel ici pour les plus jeunes). D’ailleurs, petit jeu : à votre avis à quelles chansons correspondent les titres français La loi du plus fort / Qui je suis, qui sommes-nous et C’est oui, c’est oui, c’est oui, c’est oui ? (Réponse à la fin de la page)

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Mozart, l’opéra-rock *

Deux grandes nouvelles s’étalent sur les affiches du métro parisien en cette fin d’année : Franprix propose du foie gras à 4,99€ et Mozart, l’opéra-rock est de retour au Palais des Sports de Paris.
Deux nouvelles finalement pas si éloignées l’une de l’autre : dans les deux cas, on brade un produit de luxe. Sur ces affiches, on précise même qu’il s’agit d’une “nouvelle version” (pour Mozart, pas pour le foie-gras).

Par honnêteté intellectuelle, nous devons vous préciser que nous n’avons pas eu le courage de retourner voir cette “nouvelle version”. Mais de toutes manières, à moins d’avoir totalement changé l’histoire, la mise en scène, certains interprètes et les décors, cette “nouvelle version” ne peut pas sauver le spectacle. Parce que Mozart l’opéra-rock est tout sauf une comédie musicale, c’est une suite de tubes plutôt efficaces, étudiés pour plaire au plus grand nombre, des morceaux aux refrains entêtants, calibrés pour être multi-diffusés sur les radios musicales…

La ficelle, usée jusqu’à la corde, remonte en France à la fin des années 90. A l’époque, suite au succès de “Notre Dame de Paris” (dont le single “Belle” reste à ce jour le plus vendu dans l’hexagone ces vint dernières années), ces “comédies musicales” faisant passer les tubes avant le spectacle se multiplient : Les dix commandements, Alibaba, Da Vinci, Roméo et Juliette, Cindy, le Petit prince, Autant en emporte le vent… Pas un mythe, pas un héros emblématique qui n’ait été épargné, c’était à celui qui dégainerait le premier. Une foire à la comédie musicale, -75% sur la qualité, tout doit disparaître ! Et ça tombe bien parce que dix ans après, presque tout a disparu…

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Rendez-Vous ****

L’histoire : A Budapest dans les années 30, Georg Nowack, directeur d’une parfumerie, entretient une relation épistolaire avec une inconnue rencontrée par petite annonce. Mais il ignore que derrière cette jeune femme se cache l’une de ses collègues, son ennemie jurée…

Ce qu’on en pense : Appelée « Parfumerie » lors de sa création dans les années 30, devenue « La boutique au coin de la rue » lors de son adaptation sur grand écran par Ernst Lubitsch en 1940, rebaptisée « She loves me » pour sa première à Brodway en 1963, c’est encore sous un autre titre que la pièce de Miklos Laszlo arrive enfin en France, dans sa version comédie musicale : « Rendez-vous »

Alors que dire de ce spectacle si attendu ? Déjà, c’est beau. Très beau, même. Le décor à l’image du reste du show : ambitieux ! Le théâtre français nous a souvent habitué au dépouillement (un canapé, un lampadaire, une porte) mais force est de constater que parfois, sortir la grosse artillerie, ça fait du bien. D’autant que le décor est un personnage à part entière, tout tourne autour de lui (qui lui-même tourne autour des comédiens), il devient tour à tour parfumerie de luxe, rue glaciale ou hôpital. On y croit, on est transporté. Et rien que ça, ça mérite une étoile…

Pas besoin de se forcer non plus pour plébisciter les comédiens. A commencer par la tête d’affiche, Kad Merad, qui relève haut la main le défi de monter sur scène. Là où l’ex-joueur de kamoulox aurait pu se contenter d’une pièce de boulevard facile, il choisit un spectacle ardu dans lequel il doit jouer (minimum syndical), bouger (on ajoute le treizième mois) et, bien-sûr, chanter (là on sort les stocks options). A aucun moment on n’a l’impression de voir Kad Merad sur scène. Le personnage prend le pas sur l’acteur, et non l’inverse.

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Yvette Leglaire **°

L’histoire : A mi-chemin entre Edith Piaf et Carlos, Yvette Leglaire interprète de manière comique des chansons dramatiques. A moins que ça ne soit l’inverse.

Ce qu’on en pense : Avec Yvette Leglaire, on ne sait rien.
On ne sait pas si on est venu voir un vrai spectacle ou une parodie, on ne sait pas si se produit devant nous un artiste ou un comique, on ne sait pas si on a affaire à un homme ou à une femme, on ne sait pas si les numéros sont écrits au rasoir ou si tout part en improvisation, on ne sait pas si on éprouve de la tendresse ou de la pitié et on ne sait même pas si on en osera en parler le lendemain matin à la machine à café… Bref, mieux vaut venir sans certitude sinon, de toutes manières, elles s’effondreront.

Lorsqu’on n’a vu d’Yvette Leglaire que les extraits vidéos qui traînent sur internet, on peut redouter les blagues faciles et l’humour grivois. Parce que oui, Yvette Leglaire c’est ça. Mais pas seulement. Yvette Leglaire ce sont aussi des bons mots (« J’ai rencontré Cocteau dans le marais et Marais dans le Cocteau »), ce sont aussi des positions improbables, des grimaces, des chansons à texte (ou pas), un humour de répétition (« C’est un hommage ! ») et une dose d’autodérision à toute épreuve (« Moi aussi j’ai été jeune, moi aussi j’ai été belle, mais pas en même temps »).

Mais surtout, la vraie force d’Yvette Leglaire, c’est de nous prendre par la main (pour ne pas dire autre chose) dès la première seconde du spectacle. Elle parvient à dérider les spectateurs les plus rigides et emporte la salle avec elle.

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